De l’Audit au Diagnostic Partagé : Engager le changement – Interview de Christian JOUSSE, Directeur de Projet

Dans le cadre de nos missions, nous sommes conduits à réaliser des audits et des diagnostics partagés.

Comment définir ces deux pratiques ?

Dans les deux cas, il s’agit de réaliser un état des lieux, d’analyser une situation, d’identifier des points forts, de mettre à jour d’éventuels dysfonctionnements et des leviers d’amélioration.

Les deux approches  débouchent sur des préconisations. Elles sont suivies de la mise en œuvre de plans d’actions.

Pour autant il existe quelques différences fondamentales entre les deux approches :

  • L’audit se réalise au regard d’un référentiel ou d’une norme. Dans un audit, il s’agit de mesurer un écart par rapport à une norme. L’audit se termine par une évaluation et une sanction positive ou négative (voire une notation). Il requiert de la part de l’auditeur des compétences métier, une maîtrise du référentiel et une habilitation. L’audit peut se suffire à lui-même.
  • Le diagnostic partagé, lui, se fait par l’équipe et pour l’équipe. Il s’agit, au regard de bonnes pratiques connues du consultant, de partager et d’échanger avec ses interlocuteurs pour tout à la fois, évaluer l’existant, poser un diagnostic et provoquer une dynamique de changement.

 

Dans les deux cas, audit ou diagnostic partagé, l’intention est la même, celle de porter un diagnostic…

Oui, mais ce qui change, c’est la façon dont on le conduit. Dans le diagnostic, on cherche à ce que les équipes se mettent en mouvement. Si on a réussi; à peine le diagnostic est-il posé qu’il est déjà dépassé. C’est parce-que l’on a créé une dynamique que nos interlocuteurs sont déjà en train de se projeter vers une nouvelle étape. Le diagnostic partagé questionne plus profondément l’entreprise que l’audit. Il la remet en question.

 

Qu’est-ce qui permet un bon diagnostic partagé ?

Le plus important, c’est l’objectivité du consultant. Cela ne s’acquiert qu’avec de la pratique. Le diagnostic est l’affaire de consultants expérimentés qui ont été confrontés à de nombreux projets

 

Comment être objectif dans le regard qu’on va porter sur une organisation ?

L’objectivité naît du regard croisé des intervenants. La réalité s’éclaire de l’ensemble des regards que les personnes portent sur une situation. Elle n’est pas une mais multiple. Chacun d’entre nous n’en détient qu’une petite part. La démarche de diagnostic partagé vise à ce que les différents points de vue éclairent une situation pour, au final, se forger une conviction qui va nous guider. La force du consultant se situe dans les questions qu’il pose. Il fait bouger les lignes par la qualité de son questionnement.

On s’appuie sur l’intelligence collective. Le postulat de base c’est que chaque acteur de l’entreprise possède une expertise et a envie d’avancer. Chacun détient une part de vérité et va contribuer à l’amélioration des situations.

Dans tous les diagnostics, la mesure permet d’objectiver nos constats. Le diagnostic partagé est la première étape du changement. Les équipes s’entendent parler, prennent du recul, modifient la façon de voir leur problématique.

 

Pour schématiser ma pensée : l’audit est un outil d’évaluation, le diagnostic partagé s’impose comme un outil de conduite du changement.

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